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Les clims dans le sport 7/7 : Finale de l’Euro 2000 :

En cette période estivale où nous sommes soumis à de fortes chaleurs, je vous propose de vous rafraîchir un peu en vous présentant une liste (non exhaustive) de certaines des meilleures clims que le sport ait connu. Cette série se déroulera tout au long de cet été, avec 7 histoires surement assez connues mais qui raviveront des souvenirs plus ou moins agréables.  

Pour celles et ceux qui ne comprennent pas ce que signifie “climatisation” dans le domaine du sport : Se dit d’une ambiance sportive qui se refroidit brutalement dans une enceinte sportive, généralement à la suite d’un retournement de situation défavorable à l’équipe locale.

Ainsi, cet été je vais vous faire découvrir (ou redécouvrir) des retournements de situations incroyables, des défaites cruelles et parfois historiques et enfin des émotions intenses.

La finale de l’Euro 2000 : un match pour l’histoire :

Le 2 juillet 2000, l’Europe du football a vibré devant un match de légende. La finale de l’Euro qui opposait alors la France à l’Italie est restée dans les mémoires collectives comme l’un des plus grands matchs de l’histoire de cette compétition. Un match au scénario fou, une climatisation historique pour déterminer la meilleure nation d’Europe de l’époque, c’est le match que je vous propose de revivre.

. Contexte : deux équipes au sommet

La France aborde la compétition avec le statut de favori et prouve qu’elle l’était au long du tournoi. L’équipe championne du monde en titre (en 1998) n’a pas déçu et s’est facilement qualifiée pour les phases finales (malgré une défaite sans conséquence contre les Pays-Bas alors que les Bleus étaient déjà qualifiés). Les hommes de Roger Lemerre pratiquent un football très offensif avec un effectif doré (Zidane, Henry, Deschamps, Trezeguet, etc.) et restent confiants malgré la pression qui augmente avec les phases finales. Ils éliminent l’Espagne 2-1 après une fin de match tendue, puis passent près de se faire éliminer par le Portugal en demi-finale où Zidane marque le but en or, sur penalty, qui leur permet d’arriver en finale (2-1 a.p.). 

L’équipe de France championne du monde 1998.

De l’autre côté des Alpes, l’Italie pratique un jeu à l’opposé de celui de la France : très défensif et réaliste en attaque. L’effectif de la Squadra Azzurra n’est pas en reste et comporte certains des plus grands noms du football : Maldini, Nesta et Cannavaro en défense, Di Biagio ou encore Totti. Les Italiens sont en quête d’un trophée depuis leur sacre mondial en 1982 et leur dernier Euro remonte à 1968. Les Italiens font un parcours parfait en poules avec 3 victoires en 3 matchs, puis battent nettement la Roumanie 2-0 en quarts. En demi-finale, contre les Pays-Bas, la tâche est plus complexe et le match se finit aux tirs au but après un 0-0 dans le temps réglementaire. A noter que leur gardien, Francesco Toldo, a sorti un grand match qui leur a permis de se qualifier. 

. L’opposition de deux styles

Nous voici donc le soir de la finale au stade Feyenoord de Rotterdam où deux styles de football vont s’opposer : le jeu offensif spectaculaire de la France contre le mur défensif et rigoureux de l’Italie. La rencontre commence sur les chapeaux de roues avec une occasion française dès la première minute de jeu et un corner italien 5 minutes plus tard. Néanmoins, au fil de la rencontre une physionomie se dessine : la France a le ballon mais se retrouve bloquée par la défense italienne et même Zidane a du mal à trouver la faille. A la mi-temps, les deux équipes se quittent sur un score nul et vierge. 

Le début de la seconde mi-temps ressemble à la première avec deux grosses occasions françaises manquées, mais les Italiens veulent réagir et commencent à mettre plus de pression. C’est à la 55e que le premier basculement a lieu : Totti trompe Zidane et Lizarazu et passe la balle à Pessotto qui se retrouve seul pour centrer. Delvecchio réceptionne le ballon devant les cages françaises et inscrit le premier but de la rencontre. 1-0 pour l’Italie. Après avoir failli doubler la mise grâce à Del Piero, le plan des Italiens est simple : verrouiller le match et attendre la fin sans craquer. 

Les italiens célébrant leur but.

. Le coaching gagnant :

Les minutes passent et les Bleus butent toujours sur la défense transalpine. Lemerre effectue des changements offensifs et fait rentrer Wiltord (58e), Trezeguet (76e) et Pirès (85e), dans l’espoir d’égaliser. Cependant la défense italienne est très solide et Toldo, le gardien, effectue quatre arrêts décisifs pour son équipe.  Nous sommes maintenant à la 90e minute de jeu et le stade entier pense que le match va se finir sur ce score, certains Italiens commencent même à fêter la victoire. Cependant, nous l’avons vu tout au long de cette série, un match n’est jamais fini avant le coup de sifflet. A la 93e, dernière minute, la France obtient un coup-franc. Wiltord est trouvé dans la surface italienne, contrôle le ballon de la poitrine et vient faire une frappe croisée à ras de terre qui se loge dans le petit filet opposé. La France égalise à la dernière seconde, tout le monde est médusé (même Roger Lemerre n’y croit pas). La clim se fait sentir dans tout le stade : les chants italiens se sont tous stoppés net ! 

. Un but pour la victoire

L’arbitre siffle la fin du temps réglementaire : prolongations. Comme aujourd’hui : deux périodes de 15 minutes. Mais à l’époque une autre règle était en vigueur, celle du but en or. La première équipe qui marque gagne le match. La première mi-temps de la prolongation est rythmée : les deux équipes donnent tout pour marquer afin d’éviter les tirs au but. Cependant, les Italiens ont pris un sacré coup au moral avec cette égalisation et cela se ressent sur le terrain : la France est plus dangereuse. C’est à la 103e minute que l’histoire s’écrit : Robert Pirès (joueur pas forcément connu pour ses grandes envolées) dribble Cannavaro sur le côté et centre en direction de Trezeguet au point de penalty. Ce dernier envoie une demi-volée, un missile en réalité, juste sous la barre du portier italien et fait exploser tout le camp et les supporters français. La France vient de gagner l’Euro grâce à ce but. 

Le but de la victoire.

L’équipe de France devient la première équipe à faire le doublé Coupe du Monde/Euro depuis l’Allemagne dans les années 70. Le coaching de Roger Lemerre a été payant : c’est uniquement des remplaçants qui ont été impliqués sur les buts. A l’issue de ce match, cette équipe de France est rentrée un peu plus dans la légende du football mondial. Quant aux Italiens, ils ont mis énormément de temps à accuser le coup de cette défaite. Néanmoins, à l’image de la France en 2016, ce match leur a permis de poser des fondations solides qui ont conduit à leur victoire mondiale en 2006, encore contre la France.

. La Jibe