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Les clims dans le sport 4/7 : Finale de Ligue des Champions 2014

En cette période estivale où nous sommes soumis à de fortes chaleurs, je vous propose de vous rafraîchir un peu en vous présentant une liste (non exhaustive) de certaines des meilleures clims que le sport ait connu. Cette série se déroulera tout au long de cet été, avec 7 histoires surement assez connues mais qui raviveront des souvenirs plus ou moins agréables.  

Pour celles et ceux qui ne comprennent pas ce que signifie “climatisation” dans le domaine du sport : Se dit d’une ambiance sportive qui se refroidit brutalement dans une enceinte sportive, généralement à la suite d’un retournement de situation défavorable à l’équipe locale.

Ainsi, cet été je vais vous faire découvrir (ou redécouvrir) des retournements de situations incroyables, des défaites cruelles et parfois historiques et enfin des émotions intenses.

La Finale de la Ligue des Champions 2014

Le 24 mai 2014, à l’Estadio da Luz à Lisbonne, l’Europe du football vibrait devant une finale historique : un derby madrilène entre le Real Madrid et l’Atlético Madrid. Jamais deux clubs de la même ville ne s’étaient affrontés à ce stade de la compétition.

. Contexte :

Le Real Madrid, club le plus titré d’Espagne et d’Europe, cherche sa fameuse Decima, son 10ᵉ sacre en Ligue des Champions, attendu depuis plus de dix ans. L’équipe est composée de beaucoup de stars du football à l’image du gardien et capitaine emblématique Iker Casillas, du défenseur Sergio Ramos, des milieux Luka Modrić, Ángel Di María ou encore Gareth Bale et sans oublier le double Ballon d’Or de l’époque, Cristiano Ronaldo. Cet effectif extrêmement bien fourni, taillé pour la victoire, est entraîné par Carlo Ancelotti, lui aussi emblématique avec l’un des palmarès les plus riches de l’histoire du football. L’Atlético Madrid, de son côté, vit une saison de rêve. Les hommes de Diego Simeone viennent d’être sacrés champions d’Espagne, devant le Barça et le Real, grâce à une défense solide et un esprit d’équipe exceptionnel. A l’instar de joueurs comme le défenseur Diego Godín, le gardien Thibaut Courtois, Raúl García ou encore le champion du monde 2010 David Villa, les Colchoneros (surnom de l’Atlético) rêvent tous de la première victoire du club en Ligue des Champions.

Joueurs de l’Atlético qui célèbrent leur titre dans les rues de Madrid.

. Le match : l’exploit à portée de main

La finale démarre avec une intensité folle. Comme souvent, l’Atlético laisse le ballon mais défend avec rage, c’est ce qui fait sa force. À la 36ᵉ minute, Diego Godín ouvre le score de la tête, profitant d’une sortie ratée du gardien madrilène Iker Casillas. L’Atlético mène 1-0. La mi-temps est sifflée et le score n’a pas bougé. Au retour des vestiaires, le Real pousse mais bute sur un mur rouge et blanc. Ronaldo est surveillé de toutes parts et Gareth Bale loupe plusieurs occasions. Plus les minutes passent, plus le rêve semble devenir réalité pour les hommes de l’Argentin Diego Simeone. A la 90e, l’arbitre annonce 5 minutes de temps additionnel. 5 minutes de plus à tenir pour glaner le trophée le plus prestigieux pour un club de football. 

Cependant, alors que le titre semble acquis, un corner est sifflé pour le Real à la 93e minute de jeu. Luka Modrić se positionne dans le coin du terrain, s’élance pour centrer au premier poteau. Le ballon échoue sur la tête de Sergio Ramos qui vient placer une frappe puissante et imparable. 1-1, le Real égalise à la dernière minute et vient de frapper un grand coup sur la tête de tout le camp adverse : joueurs, staff et supporters. Eux qui avaient presque la coupe dans les mains voient leur rêve s’éloigner…

Le corner égalisateur en toute fin de match (93e).

Le score à la fin du temps réglementaire est de 1-1 partout, il y aura donc prolongations. Même si les Colchoneros viennent de subir une grosse désillusion, il reste encore deux périodes de 15 minutes pour renverser la vapeur. 

. La prolongation : l’Atlético craque

Néanmoins, les partenaires de David Villa sont épuisés physiquement et mentalement, ils n’ont plus les ressources nécessaires pour continuer à fournir les mêmes efforts que pendant les 90 minutes qui se sont déjà écoulées. Le Real, alors porté par son égalisation, commence à prendre largement le dessus sur son opposant et déroule :  c’est d’abord Gareth Bale qui marque à la 110ᵉ après une frappe repoussée par Courtois, le Real mène alors 2-1. 8 minutes plus tard, c’est le défenseur brésilien Marcelo qui enfonce le clou devant une défense qui n’a plus l’énergie pour défendre. Puis, en toute fin de rencontre, c’est le Portugais Ronaldo qui finit d’achever les rouges et blancs en scorant un pénalty à la 120e minute du match.

Les joueurs du Real qui célèbrent leur dixième coupe.

Score final : 4-1. Ce score lourd reflète surtout l’effondrement moral de l’Atlético après le but de Ramos. Ils sont passés en quelques minutes du rêve au cauchemar, voyant leur adversaire soulever la dixième coupe aux grandes oreilles de son histoire. Cette finale est un excellent exemple d’abnégation, elle illustre le fait que tant que l’arbitre n’a pas sifflé, rien n’est joué. 

Lisbonne 2014 a offert au Real sa Decima, mais surtout une blessure profonde à l’Atlético. Une plaie qui ne s’est refermée qu’en partie… jusqu’à leur revanche en 2018 en Ligue Europa.

. La Jibe