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Les clims de le sport 3/7 : Le Grand Prix de Monaco 2016

En cette période estivale où nous sommes soumis à de fortes chaleurs, je vous propose de vous rafraîchir un peu en vous présentant une liste (non exhaustive) de certaines des meilleures clims que le sport ait connu. Cette série se déroulera tout au long de cet été, avec 7 histoires surement assez connues mais qui raviveront des souvenirs plus ou moins agréables.  

Pour celles et ceux qui ne comprennent pas ce que signifie “climatisation” dans le domaine du sport : Se dit d’une ambiance sportive qui se refroidit brutalement dans une enceinte sportive, généralement à la suite d’un retournement de situation défavorable à l’équipe locale.

Ainsi, cet été je vais vous faire découvrir (ou redécouvrir) des retournements de situations incroyables, des défaites cruelles et parfois historiques et enfin des émotions intenses.

Le Grand Prix de Monaco 2016

. Le circuit :

Le Grand Prix de Monaco est une des courses les plus prestigieuses du sport automobile toutes disciplines confondues et c’est un des Grand Prix les plus particuliers du championnat du monde de Formule 1. Les pilotes doivent parcourir les rues de la principauté durant 72 tours sur un tracé long de 3,34 km qui arpente les rues étroites et sinueuses de Monte-Carlo (sûrement le quartier le plus célèbre de Monaco).

Chaque année, cette course réunit des dizaines de milliers de spectateurs et téléspectateurs dans une ambiance de Jet Set, où énormément de stars se réunissent. La complexité du tracé fait que les pilotes ont beaucoup de mal à dépasser en course, et c’est très souvent la position en qualification qui détermine le résultat final. 

Virage 6 du circuit, l’épingle du Fairmont. Virage mythique de la F1.

Une pole position sur ce tracé donne de très grandes chances pour la victoire finale (si la course se déroule sans accroc bien sûr). Les pilotes doivent rester concentrés un maximum durant 260 km afin de ne pas finir dans les rails du circuit. Cette course, tous les pilotes veulent la remporter et inscrire leur nom à son palmarès.

. La Pole position

On se retrouve le week-end du 29 mai 2016 pour le sixième rendez-vous de la saison. Avant la course, Mercedes domine le championnat du monde par l’intermédiaire de l’allemand Nico Rosberg, qui est suivi par le finlandais Kimi Raikkonen (Ferrari) puis de l’anglais triple champion du monde et tenant du titre Lewis Hamilton, chez Mercedes également et grand rival de son coéquipier. Cependant lors des qualifications, c’est l’écurie Red Bull qui surprend grâce à son jeune pilote australien Daniel Ricciardo qui décroche sa première pole position en F1, devant Rosberg et Hamilton. A Monaco, cela signifiait qu’il avait une réelle opportunité de finir sur la plus haute marche du podium, à condition de ne pas commettre d’erreur. 

Le dimanche, jour de course, un orage détrempe la piste ce qui pousse la direction de course à donner le départ derrière la voiture de sécurité, afin d’éviter des accidents lors du 1er tour. Le départ est lancé à partir du tour 7 et Ricciardo reste devant, il suffit maintenant à lui et à son équipe d’adopter une bonne stratégie afin de quasiment sceller la victoire. Parties derrière lui, les Mercedes arrivent à se rapprocher à partir du 16ème tour lorsque Hamilton, plus rapide que Rosberg, dépasse ce dernier à la sortie du tunnel. 

Départ sous safety car à cause de la piste trempée.

Au fur et à mesure de la course et du passage des monoplaces, la piste commence à sécher et certains pilotes commencent à rentrer au stand pour chausser des pneus intermédiaires (adaptés à ce genre de piste qui est en train de sécher) à la place de leurs pneus pluie du départ. Pendant ce temps, Ricciardo garde la tête de la course jusqu’à son premier passage au stand au tour 23 pour chausser lui aussi des intermédiaires. Hamilton, quant à lui, est resté en piste et prend donc la tête faisant le pari de passer directement des pneus pluie aux slicks (pneus lisses pour piste sèche). L’australien se rapproche de lui grâce à ses pneus frais et plus adaptés à ces conditions de piste jusqu’à se retrouver dans ses échappements. 

C’est au tour 31 que l’anglais s’arrête enfin, redonnant la place de leader au pilote Red Bull. Cet avantage va cependant être de courte durée… 

. Le tournant pour Red Bull

Au tour suivant, c’est Ricciardo qui rentre au stand pour chausser des pneus slicks et prendre un avantage définitif. Mais ses mécaniciens ne sont pas prêts ! Les pneus n’étaient pas encore sortis du garage et étaient toujours dans leur enveloppe. L’australien assiste impuissant à la scène depuis son baquet et compte des secondes qui doivent lui sembler une éternité

En général, un arrêt au stand s’effectue entre 2 et 3 secondes. Ricciardo a vu ses pneus être changés en 13 secondes ! Énormément de temps perdu pour lui qui avait jusqu’à présent fait la course parfaite pour la victoire. Au moment de la sortie de la pit lane (nom pour désigner les stands), il voit Hamilton lui passer devant. 

Malgré tous les efforts du jeune pilote pour attaquer, rien n’y fait. Le triple champion du monde défend parfaitement sa position et au fil des tours Ricciardo est furieux. Cet arrêt au stand manqué lui a fait perdre la course. Monaco est un rêve pour n’importe quel pilote, et l’australien ne le réalisera pas ce jour-là. Il finit deuxième à 7 secondes de Hamilton et devant le mexicain Sergio Perez

Le podium à l’issue de la course avec de gauche à droite : Daniel Ricciardo (Red Bull), Lewis Hamilton (Mercedes) et Sergio Perez (Force India).

Ce Grand Prix de Monaco 2016 restera dans les mémoires comme l’un des plus cruels pour Daniel Ricciardo. Il avait tout : la pole, la vitesse, le sang-froid sous la pluie. Mais une erreur stratégique de son équipe a anéanti ses chances. Ce jour-là, la victoire ne s’est pas jouée sur la piste… mais dans les stands. Heureusement pour lui, il prendra sa revanche en s’imposant sur ce tracé en 2018.

. La Jibe