En cette période estivale où nous sommes soumis à de fortes chaleurs, je vous propose de vous rafraîchir un peu en vous présentant une liste (non exhaustive) de certaines des meilleures clims que le sport ait connu. Cette série se déroulera tout au long de cet été, avec 7 histoires surement assez connues mais qui raviveront des souvenirs plus ou moins agréables.
Pour celles et ceux qui ne comprennent pas ce que signifie “climatisation” dans le domaine du sport : Se dit d’une ambiance sportive qui se refroidit brutalement dans une enceinte sportive, généralement à la suite d’un retournement de situation défavorable à l’équipe locale.
Ainsi, cet été je vais vous faire découvrir (ou redécouvrir) des retournements de situations incroyables, des défaites cruelles et parfois historiques et enfin des émotions intenses.
France – Bulgarie 1993 : une des pires défaite des bleus
Avant de débuter, une mise en contexte est de mise : le regretté Gérard Houiller prend la relève de Platini après l’Euro manqué de 1992 et devient sélectionneur des Bleus. Son mandat débute par les phases qualificatives pour la coupe du monde 1994, qui se jouera aux Etats-Unis. Au moment du tirage au sort, les Bleus sont plutôt confiants même si rien n’est gagné par avance, ils ont un groupe qui leur est assez favorable composé de la Suède, de l’Autriche, de la Bulgarie, de la Finlande et d’Israël.
. Le match contre Israël : prémices d’une catastrophe
Le 1er match de l’équipe de France se joue le 9 septembre 1992 et se solde par une défaite 2-0 à Sofia, en Bulgarie. Néanmoins, tout ira pour le mieux par la suite avec une série de 7 matchs sans défaite (6 victoires et 1 nul). Il reste alors deux matchs à jouer et les français n’ont besoin que de deux points pour être directement qualifiés avant même de jouer le dernier match. Il leur reste à jouer Israël et la Bulgarie, les deux à domicile.

Contre Israël, les Bleus se voient déjà gagnants d’avance, ils ont gagné 4-0 à Tel-Aviv au match aller. Cependant, c’est Israël qui marque en 1er à la 20ème minute de jeu. La France égalise grâce à Franck Sauzée à la 28ème minute, puis passe devant avec une sublime frappe de David Ginola. Le score est de 2-1 à la mi-temps. En seconde période, Papin manque le but du 3-1, et à huit minutes de la fin, Israël égalise, avant de prendre un dernier but dans les arrêts de jeu. Défaite surprise 3-2 et certains parlent de ce match comme l’un des pires de l’histoire de l’équipe de France, où ses derniers ont adopté un comportement limite irrespectueux vis-à-vis de leurs adversaires. Il reste un match : la réception des bulgares.
. Le Match de la dernière chance
On se retrouve donc au Parc des Princes le 17 novembre 1993 pour le match face à la Bulgarie. Les bleus n’ont besoin que d’un nul pour se qualifier, la France est deuxième à 13 points et les bulgares juste derrière avec 12 (les deux premiers sont qualifiés). La rencontre se joue dans un contexte tendu dans les vestiaires : l’attaquant du PSG, David Ginola, critique ouvertement le sélectionneur dans la presse et doit présenter des excuses publiques.
Le coup de sifflet retentit, le début de match est serré, haché et tendu. Eric Cantona vient délivrer le Parc en marquant un but à la 32ème minute de jeu. Délivrance pour le coin français, mais elle est de courte durée. Cinq minutes plus tard, les bleus ratent leur relance et concèdent un corner. Il est transformé de la tête par un certain Emil Kostadinov. Score nul, 1-1.
A partir de ce moment, les joueurs vont proposer un jeu médiocre, préférant défendre à tout prix plutôt que d’aller de l’avant et d’essayer de se sécuriser avec une deuxième réalisation. L’attaquant Jean-Pierre Papin est remplacé à la 68ème par Ginola, mis sur le banc. Les minutes défilent, la Bulgarie joue le tout pour le tout dans cette seconde période mais les bleus bétonnent devant les cages et commencent à croire à la qualification.
C’est à la 90ème que tout bascule : les Bleus ont un coup-franc excentré à jouer. Vincent Guérin le joue court avec Ginola. Ce dernier aurait, logiquement dû, conserver le ballon le plus possible, gagner du temps voire essayer d’obtenir le corner. Il préfère centrer alors qu’il n’y a qu’un seul joueur français dans la surface pour 4 bulgares. Le centre est complètement raté, Kremenliev récupère la balle et lance la contre-attaque. Balakov, puis Penev ont la balle, ce dernier centre à destination d’Emil Kostadinov qui vient de la droite et envoie un tir en force juste sous la barre pour tromper le gardien Bernard Lama. La France a à peine eu le temps d’engager que le match se termine sur ce score de 2-1. Les Bleus ne vont pas jouer la Coupe du monde, cette défaite est ancrée dans les mémoires des supporters au même titre que Séville 82, et le nom de Kostadinov rime désormais avec “clim” pour nous autres français.

Pour l’anecdote : Kostadinov et Penev n’ont pas réussi à obtenir de visa à temps pour venir jouer en France, ils ont passé la frontière en voiture par le Rhin. Belle ironie du sort.
. La Jibe





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