Preview demi-finale Champions Cup 2024/25

Ce weekend ont lieu les demi-finales de Champions Cup, autrement dit, la coupe d’Europe de rugby à XV. Parmi les quatre équipes encore en lice, un duel franco-français entre les deux premiers du championnat, le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles, va faire des étincelles en Gironde ce dimanche. Tandis que samedi après-midi, outre manche, la très solide équipe irlandaise du Leinster va recevoir l’outsider anglais Northampton. Retour sur ces quatre formations et sur mes pronostics : 

  • Leinster – Northampton : 

Grand favori dans cette demi-finale, l’équipe dublinoise pourra compter sur ses cadres, à l’image des expérimentés Tadhg Furlong et Dan Sheehan (respectivement pilier droit et talonneur), tous deux sélectionnés avec l’Irlande. Leur troisième ligne composée de leur capitaine Caelan Doris (n°8), Max Deegan (n°6) et du redoutable Josh van der Flier (n°7) est un véritable rouleau compresseur et un vrai atout pour cette équipe qui aime le combat, à l’image du XV du trèfle. Les leaders de l’United Rugby Championship (URC, championnat où évolue le Leinster), qui comptabilisent seulement 2 défaites pour 14 victoires, s’appuiera sans nul doute sur la charnière titulaire lors du dernier 6 nations : Jamison Gibson-Park et le jeune demi d’ouverture Sam Prendergast, ainsi que que sur leur paire de centre Robbie Henshaw, associé à Gary Ringrose, au détriment de la star Néo-Zélandaise Jordie Barrett, sur le banc. 

A noter que dans la compétition, le Leinster a terminé invaincu en phase de poules et n’a pas encaissé un seul point lors du huitième de finale ni lors du quart. De surcroît, le triple finaliste consécutif a laissé ses cadres au repos lors du dernier match les opposant aux Scarlets (qui s’est conclu par une victoire galloise 35-22). Les hommes de Leo Cullen prennent ce match très au sérieux, eux qui ont failli perdre lors de la demi-finale de l’an passé contre cette même équipe de Northampton 20-17.

Ci-dessus, Josh van der Flier avec le Leinster

Du côté des anglais, les Saints (qui ont également fini premier de leur poule) n’ont rien à perdre. Ils sont les outsiders de ce dernier carré, ainsi les hommes de Phil Dowson vont aller en Irlande sans pression et revanchard de la défaite de l’an passé. 

L’actuel 7ème de Premiership (championnat anglais) connaît une saison en demi-teinte sur le plan local, à l’opposé de leur saison en Champions Cup où ils n’ont subi qu’une seule défaite sur la pelouse du Stade Français (45-35). Les Saints peuvent mettre à mal le Leinster notamment au niveau de la ligne des trois-quarts : leur demi de mêlée Alex Mitchell est le n°9 titulaire du XV de la rose à l’instar de leur ailier Tommy Freeman (n°14, deuxième meilleur marqueur du dernier 6 nations avec 5 essais). On devrait également assister à une belle confrontation au niveau de la troisième ligne avec le jeune Henry Pollock (20 ans, n°7) qui, malgré son jeune âge, réussit à s’imposer dans l’effectif et enchaîne les excellentes performances. 

Malgré le bon rugby que pratiquent les Northampton Saints, les anglais sont loin d’être favoris pour ce match. Spectateurs, nous pouvons espérer qu’ils arriveront à ralentir le rouleau compresseur irlandais qu’est le Leinster, et à leur marquer des points comme l’an dernier. Cependant les Dublinois semblent trop au-dessus de la mêlée cette saison et sont à la recherche d’une cinquième étoile après trois finales consécutives de perdues… 

Mon pronostic : Victoire du Leinster 47-19.

  • Union Bordeaux-Bègles – Stade Toulousain : 

Ce dimanche, le Matmut Atlantique de Bordeaux va vivre une des affiches qui fait vibrer le Top 14 depuis quelques saisons, le derby de la Garonne : Bordeaux-Bègles contre Toulouse. Récemment, les matchs entre les deux équipes ont toujours tenu leurs promesses en termes de spectacle, excepté la débâcle bordelaise lors de la dernière finale du Top 14 (la première de leur histoire) qui s’était soldée sur le lourd score de 59-3 pour les joueurs de la ville rose. Autant dire que les bordelo-béglais ont à cœur de prendre leur revanche et affichent des ambitions cette saison afin de confirmer leur belle lancée de la saison passée. 

L’équipe de Yannick Bru, actuellement 2ème du championnat derrière le Stade Toulousain, arrive presque au complet pour cette demi-finale. Hormis les absences notables du Samoan Tevita Tatafu, troisième ligne centre, et du centre Sud-Africain Rohan Janse van Rensburg, l’effectif bordelais est impressionnant. Notamment toute leur ligne arrière qui est composée exclusivement d’internationaux français : Lucu (n°9) associé à Jalibert (n°10) pour la charnière, une paire de centre Moefana et Depoortere qui fait son retour de blessure en 13, des ailiers de feu avec Louis Bielle-Biarrey (meilleur joueur du 6 nations 2025) et Damian Penaud (récemment devenu meilleur scoreur de l’histoire du XV de France), et Romain Buros à l’arrière. Devant, la première ligne est solide avec l’ancien du club Jefferson Poirot à la pile gauche, associé à Sipili Falatea (international français) à droite. A noter le retour de Ben Tameifuna sur le banc, qui pourra apporter de l’impact avec son gabarit hors norme lors de sa rentrée. 

Louis Bielle-Biarrey, l’aillier fulgurant de l’UBB en action contre les Scarlets

Ce collectif a fini premier toutes poules confondues et n’a pas connu la défaite lors de la phase de poule (20 points pris sur 20 possibles), ils viennent de sortir le Munster en quart de finale et pourraient se permettre d’être confiant avant le match.

Si l’effectif de Bordeaux affiche presque complet, c’est loin d’être le cas du côté des rouges et noirs. En effet, le manager Ugo Mola doit composer avec une série de blessures de ses cadres dont il aurait pu se passer : Antoine Dupont, Mauvaka, Kinghorn et Ramos notamment. L’absence de ce dernier peut grandement impacter le jeu toulousain, lui qui est très souvent décisif (à l’image du quart de finale contre Toulon) et un des maîtres à jouer de cette équipe. A noter les retours de Ange Capuozzo et Naito Saito, tout juste remis de leur blessures. 

Néanmoins, avec Toulouse, et surtout en phase finale, il faut s’attendre à tout. Ils ont un effectif extrêmement large,qui leur permet d’être premier du Top 14 et d’avoir fini second de poule derrière l’UBB, et qui peut parvenir à gagner des matchs même sans un seul des titulaires habituels sur la feuille, on a pu observer cela lors de la période des doublons par exemple. Malgré l’absence de plusieurs joueurs, leur composition fait peur, tel leur 8 de devant très solide et rude sur le combat. Leur première ligne est celle de l’équipe de France : Cyril Baille (n°1), Julien Marchand (n°2) et Dorian Aldegheri (n°3), mais ont peut également citer des joueurs très physiques tels Emmanuel Meafou et son impressionnante carrure (2,03 M pour 145 kg) ou encore l’anglais Jack Willis, devenu le chouchou d’Ernest-Wallon au gré de ses performances titanesques. Derrière, le demi d’ouverture Romain Ntamack sera le métronome de cette équipe toulousaine remaniée

Le Stade Toulousain reste sur une défaite contre l’UBB sur ses terres (16-12) mais c’est une équipe très sûre d’elle, expérimentée et qui se métamorphose à l’approche des phases finales. Les champions en titre peuvent paraître mal en point au vu des absents et en comparaison à l’équipe bordelaise presque complète. Cependant, le pack haut-garonnais semble bien plus solide et rude au combat que le pack girondin. Ces derniers viennent de subir une défaite contre La Rochelle et c’est au niveau du combat qu’ils ont pêché, hors pour ce genre de match à enjeux le combat au sol est primordial et le Stade Toulousain paraît avantagé. A voir toutefois si les bordelais arrivent à jouer de leur vitesse et de leur créativité derrière et si le public du Matmut peut les transcender. Ce sera sans aucun doute un match qui mettra les deux formations à rude épreuve. 

Mon pronostic : Victoire de Toulouse 33-31

  • La Jibe